Paris, 3 mars 2000
De force, ils nous ont séparés de nos enfants qui ont été emmenés à la DDASS pour visite obligatoire. Ils ont été regardés de la tête aux pieds, examinés au niveau anal et vaginal pour les petites filles, devant les policiers. Je vous laisse imaginer le choc psychologique...
Docteur Juliette B. : "J'ai dix ans d'expérience aux urgences à l'hôpital Edouard-Herriot à Lyon, et j'ai une formation en acupuncture, homéopathie, sophrologie, médecine tropicale, hygiène et médecine préventive. Je me suis trouvée embrigadée dans une histoire de “secte” et aujourd'hui je suis radiée à vie ! Donc je ne suis plus rien officiellement. Nous étions un groupe de copains scientifiques, chercheurs et médecins. On voulait faire de la recherche dans le but de trouver des solutions à la pollution et à la faim dans le monde.
Et puis un beau jour, un petit garçon du groupe a été envoyé à l'hôpital pour un malaise respiratoire à la suite d'une piqûre de tique. Le médecin qui l'examine diagnostique la maladie de Lyme, la maladie de la tique, et l'envoie à l'hôpital. Huit jours plus tard, on se retrouve avec une histoire de “secte” et un enfant qui n'aurait pas été vacciné. Alors même qu'il avait un certificat de vaccination DT Polio en règle, parce qu'à l'époque je vaccinais encore. Je me suis retrouvée dans les journaux, où il a été dit que l'enfant était mort. Je tiens à signaler que l'enfant est en très bonne santé, qu'il va très bien aujourd'hui, qu'il n'a jamais eu le tétanos et pour cause... J'ai d'abord été convoquée par l'ordre des médecins, pour non-vaccination.
J'ai été radiée du Conseil de l'ordre. Ensuite j'ai été mise en examen pour non-assistance à personne en danger, faux et usage de faux. Alors que l'enfant avait été dûment vacciné, que le certificat était juste et qu'il n'y avait jamais eu de non-assistance à personne en danger vu que l'enfant avait été emmené d'urgence à l'hôpital dès qu'il avait eu son problème respiratoire !
Il y a eu une descente de police au centre : il y avait au moins 200 gendarmes, dans tous les coins. Dans plusieurs endroits où on avait des amis. Ils sont tous arrivés en même temps, à 6 heures du matin. C'est toujours très impressionnant parce qu'ils arrivent mitraillette au poing. De force, ils nous ont séparés de nos enfants qui ont été emmenés à la DDASS pour visites obligatoires. Ils ont été regardés de la tête aux pieds, examinés au niveau anal et vaginal pour les petites filles, devant les policiers. Je vous laisse imaginer le choc psychologique...
Depuis, ça n'a pas arrêté. Tous les témoignages positifs ne sont pas pris en compte. Mais ils utilisent tout ce qui est contre. Toujours à charge, jamais à décharge. Dans le milieu judiciaire, des lettres très importantes ont disparu. Notamment une dans le dossier de l'enfant. Cette lettre était écrite par le médecin qui avait envoyé l'enfant en urgence. Elle donnait bien le diagnostic de la maladie de Lyme. A partir du moment où on l'a réclamée, cette lettre a disparu. Lorsque nous avons réclamé, on a failli être pris pour des fous. Cette lettre n'aurait jamais existé !... Oui, ils l'ont écrit. Heureusement que l'avocat avait vu cette lettre, que la famille l'avait vue, que d'autres personnes l'avaient vue parce que sinon... Alors les parents de l'enfant, éc½urés, ont dit que, tant que cette lettre ne réapparaissait pas, ils quitteraient le territoire français parce qu'ils n'avaient plus foi en la justice française. Effectivement, ils ont quitté le territoire français tous ensemble et ils sont menacés aujourd'hui de six ans de prison s'ils reviennent en France. Ce sont, soi-disant, des parents irresponsables, qui ont mal soigné les enfants et qui les ont mis dans une “secte”... Nous avons également tous été menacés de mort !
Je me souvient d'un gag exemplaire. A cinq heures du matin, on trouve des journalistes transis dans leur voiture. On leur demande ce qu'ils faisaient là. On ne savait pas qui ils étaient. L'un d'entre eux nous répond que c'est son directeur qui lui a dit d'attendre ici parce qu'avec le choc que nous avions vécu, nous risquions un suicide collectif. Il fallait qu'ils soient là pour le scoop. La nuit, on élève des petits poussins à la ferme et on met une petite lampe infra rouge qui s'allume automatiquement vers 3 heures du matin quand il fait trop froid. Quand ils ont vu cette lumière s'allumer ils ont cru qu'on était en train d'allumer des incendies pour nous suicider ! Ils n'osaient plus sortir de leur voiture, ils ont eu très peur !
J'ai fait sept mois et demi de prison. En deux fois, en tant que prévenue d'abord, et puis après en tant que condamnée. Et je suis encore en cassation, donc je risque encore une année de prison, alors que je n'ai absolument rien à me reprocher, ni sur le plan professionnel, ni en tant que citoyen. Officiellement, aucune plainte n'a été déposée. Tout cela est fondé sur des rumeurs. Je pense que certaines associations anti-sectes ont participé à nous détruire. Tout cela a été volontaire. On était peu nombreux, pas internationaux, donc le bouc émissaire idéal. En ce qui concerne l'Ordre des médecins, on m'a refusé le recours au Conseil d'Etat en me disant qu'il n'y a aucune raison de casser mon dossier. Donc je suis radiée à vie. Je dirai comme mon collègue le docteur Scohy que je suis ravie d'être exclue de cette secte-là !
